AFRIQUE

une carte pour suivre au jour le jour l’avancée de l’épidémie – Jeune Afrique


En ce début d’année, la crainte d’une nouvelle vague de contaminations provoquée par le variant Omicron se confirme, cette forme du virus se montrant plus contagieuse que les précédentes mais, selon les premières analyses, sans doute moins sévère que le Delta. A l’échelle africaine, les chiffres de contamination et surtout de décès restent mesurés. Les principaux problèmes sont inchangés : manque de capacité de séquençage pour tracer les variants, et bien sûr manque de vaccins en nombre suffisant.

S’il est encore tôt pour tirer un bilan de la période des fêtes de fin d’année, les craintes formulées en décembre semblent se confirmer en partie. Le variant Omicron, redoutablement contagieux, a provoqué un regain du nombre de contaminations en particulier au Sud du continent, où des pays comme l’Angola, Madagascar, le Mozambique, la Zambie ou le Zimbabwe font face à une vraie flambée des cas.
Ailleurs en Afrique, l’Éthiopie, le Cap Vert ou le Kenya ont aussi passé une fin d’année compliquée tandis qu’à l’inverse, la propagation de la maladie avait tendance à ralentir assez nettement au Maroc et en Tunisie. Avec partout la même tendance : que le nombre de cas monte en flèche, augmente raisonnablement ou stagne, celui des décès progresse heureusement toujours aussi lentement. On notera tout de même que Madagascar a dépassé en fin d’année le cap symbolique des 1 000 morts du Covid, et le Zimbabwe celui des 5 000 décès.
L’OMS devrait communiquer dans les prochains jours des chiffres actualisés. Mi-décembre, Omicron n’était signalé que dans quatre pays d’Afrique : Afrique du Sud, Botswana, Nigeria et Ghana. On peut craindre que le nombre soit beaucoup plus élevé aujourd’hui.
Rappelons encore une fois que ces statistiques officielles sont à prendre avec des pincettes : nombre de médecins estimaient depuis longtemps que le nombre de cas était grandement sous-estimé par les statistiques officielles, et l’OMS a jeté un véritable pavé dans la mare en annonçant mi-octobre que le bilan réel était sans doute sept fois supérieur à ce qui est annoncé, soit à cette date environ 59 millions de cas sur le continent (et un nombre de décès a priori supérieur également, mais pas dans les mêmes proportions). En cause, principalement : le très grand nombre de malades totalement asymptomatiques. Ce qui ne les empêche malheureusement pas d’être contagieux.

Des capacités de séquençage très insuffisantes
Du côté de la riposte, on sait maintenant que la lutte contre la pandémie passe par une meilleure identification des variants qui sévissent au sein de chaque communauté, ce qui suppose de procéder à beaucoup plus de séquençages des échantillons prélevés sur les malades. Les capacités techniques permettant de procéder à cette opération sont malheureusement très insuffisantes dans la plupart des pays. L’Afrique ne représente à ce jour que 1 % des opérations de séquençage du Covid réalisées dans le monde. L’OMS a rappelé début décembre que chaque pays du continent devait se fixer pour objectif de réaliser au minimum 75 à 150 analyses par semaine. Certains en sont très loin.
Sur le plan de la vaccination, le bilan reste décevant, même si les chiffres progressent et que la perspective de produire prochainement des sérums en Afrique même, au moins sous licence, semble de moins en moins utopique. Début décembre, 7,5 % seulement de la population du continent, soit 102 millions de personnes, est entièrement vaccinée (contre 3 % deux mois auparavant) et tous les acteurs de terrain témoignent d’une réticence encore forte au sein de nombreuses communautés. On note toutefois de grands écarts entre les pays puisqu’à la fin du mois de septembre, quinze d’entre eux avaient atteint l’objectif fixé par l’OMS au printemps dernier, qui était d’avoir vacciné 10 % de la population.
Parmi les nations affichant les taux d’inoculation les plus élevés : les Seychelles et Maurice (plus de 60 %), le Maroc (48 %), la Tunisie, les Comores et le Cap Vert (plus de 20 %). A l’autres extrémité du spectre, 26 pays ayant reçu des doses de vaccin n’ont entièrement vacciné que 2 % de leur population. L’OMS estiment que les pays précédemment cités (moins les Comores) sont les seuls à avoir une chance d’atteindre l’objectif fixé en mai dernier, qui était d’avoir vacciné 40 % de la population pour la fin de l’année 2021. En matière d’efficacité de la vaccination, les chiffres, on l’a dit, valent ce qu’ils valent, mais certains invitent tout de même à réfléchir : début décembre, les Seychelles et la Somalie affichaient à peu près le même nombre de contamination, soit entre 23 000 et 24 000. Mais les Seychelles, qui ont largement vacciné, n’annonçaient que 127 morts du Covid quand la Somalie en affichait 1 1327.
 

Mise à jour quotidiennement, notre carte évolutive dresse un panorama en temps réel de l’état d’avancée de la maladie. Elle se concentre sur trois variables : le nombre de décès, le nombre total de cas déclarés depuis le début de l’épidémie, et le nombre de guérisons recensées. En passant votre souris sur chaque pays, vous pourrez consulter le détail de ces informations par pays, mais aussi les différentes mesures de restriction mises en place.
La couleur de la carte est graduée selon le nombre de décès.

Si vous ne parvenez pas à lire la carte : cliquez ici.


Jeune Afrique
2022-01-03 10:40:28

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