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Tesla critiqué pour avoir ouvert un showroom dans le Xinjiang


Tesla, la firme d’Elon Musk, est sous le feu des critiques pour avoir ouvert un showroom à Urumqi, capitale du Xinjiang, région du nord-ouest de la Chine où le régime de Pékin pratique l’assimilation forcée et l’internement des minorités musulmanes. L’entreprise s’en est vantée sur l’équivalent chinois de Twitter : « Pour 2022, lançons ensemble le voyage électrique du Xinjiang ! » Elon Musk est particulièrement populaire en Chine, son premier marché étranger, où il a ouvert une usine de Tesla à Shanghai en 2018. Il se moque visiblement de la pression politique imposée à Pékin par Joe Biden et le Congrès des Etats-Unis : en décembre, Washington a interdit l’importation de biens du Xinjiang, où le régime chinois est accusé d’utiliser des travailleurs forcés. « Si vous êtes une entreprise qui produit dans cette région, vous devrez prouver que ce ne sont pas des esclaves qui les ont fabriqués. La présomption pèse sur vous », avait déclaré l’un des coauteurs de la loi qui s’appliquera en mars, le sénateur républicain de Floride, Marco Rubio. Si Tesla ne produit pas sur place, elle est mise en accusation. « Elon Musk et Tesla doivent fermer cette nouvelle salle d’exposition et cesser ce qui équivaut à un soutien économique au génocide », a exigé Ibrahim Hooper, directeur de la communication du conseil sur les relations americano-islamiques (CAIR). Lire aussi Les Etats-Unis interdisent l’importation de produits du Xinjiang issus du travail forcé Des entreprises américaines critiquées par la Chine Cette ouverture de showroom a lieu alors qu’Elon Musk est dans le collimateur des Chinois pour une autre affaire, celle des satellites lancés par centaine par son entreprise SpaceX. Les Chinois ont déposé plainte devant les Nations unies, accusant les satellites de Musk d’avoir mis en danger la station orbitale chinoise lors de lancements intervenus en juillet et octobre 2021. D’autres entreprises américaines ont été épinglées, coincées entre les exigences des Chinois et celles des Occidentaux. Il en va ainsi d’Intel, le fabricant de microprocesseurs avait demandé à ses fournisseurs d’éviter de s’approvisionner dans le Xinjiang et a dû présenter ses excuses aux Chinois le 23 décembre après avoir été l’objet d’une campagne de protestation sur les réseaux sociaux. « Bien que notre intention initiale était d’assurer le respect des lois américaines, cette lettre a suscité de nombreuses questions et inquiétudes parmi nos chers partenaires chinois, ce que nous regrettons profondément », a écrit l’entreprise. Lire aussi Article réservé à nos abonnés « Elon Musk a tout intérêt à faire profil bas » en Chine De même, Walmart a fait l’objet d’une campagne de consommateurs chinois après que ceux-ci se furent aperçus que le géant américain des supermarchés avait supprimé des étals de sa chaîne Sam’s Club les produits fabriqués dans la région, comme des dates et des raisins. Les autorités chinoises ont accusé Walmart de « stupidité » et de « courte vue ».

2022-01-04 20:36:55

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