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L’ONU demande 5 milliards de dollars d’aide pour assurer « un avenir » à l’Afghanistan


Réunion à Genève de différents services de l’ONU pour coordonner la réponse humanitaire en Afghanistan sur l’année 2022, le 10 janvier 2022. DENIS BALIBOUSE / REUTERS Les Nations unies ont demandé un montant record de 5 milliards de dollars pour financer l’aide à l’Afghanistan cette année et assurer un avenir à un pays menacé par une catastrophe humanitaire. C’est seulement une solution d’urgence, mais « le fait est que sans [ce plan d’aide], il n’y aura pas d’avenir » pour l’Afghanistan, a assené Martin Griffiths, le sous-secrétaire général de l’ONU aux affaires humanitaires, au cours d’un point de presse à Genève lundi 10 janvier. L’ONU a besoin de 4,4 milliards de dollars des pays donateurs pour financer les besoins humanitaires cette année, le plus important montant jamais réclamé pour un seul pays, souligne un communiqué de l’organisation. Ce montant serait consacré à étendre la livraison de nourriture et le soutien à l’agriculture, à financer des services de santé, des traitements contre la malnutrition, des refuges d’urgence, l’accès à l’eau et l’assainissement, mais aussi l’éducation. Quelque 22 millions de personnes, plus de la moitié de la population du pays, ont un besoin urgent d’aide. Près de 6 millions de réfugiés à l’étranger Mais il faut aussi 623 millions de dollars de plus à l’ONU pour venir en aide aux 5,7 millions d’Afghans réfugiés, parfois depuis de longues années, dans cinq pays limitrophes, principalement l’Iran et le Pakistan. Filippo Grandi, le haut-commissaire aux réfugiés a mis en garde sans détour : « Si le pays s’effondre, implose (…) alors on verra un exode beaucoup plus important de gens. Et ce mouvement de population sera difficile à gérer dans la région mais aussi au-delà, parce que cela ne va pas s’arrêter dans la région. » Lire aussi Afghanistan : face à la famine, un responsable des talibans demande une aide humanitaire « sans parti pris politique » Le pays est dirigé depuis le mois d’août par les talibans, qui ont repris le pouvoir et chassé le gouvernement soutenu à bout de bras par la communauté internationale et la puissance militaire américaine après vingt ans de guérilla. Le régime de sanctions mis en place pour tenter de faire faire des concessions aux fondamentalistes islamistes, sur les droits des femmes notamment, a précipité le pays – déjà très dépendant de l’aide internationale – dans une profonde crise économique. Elle est encore aggravée par la sécheresse qui sévit depuis plusieurs années. Pas d’argent pour les talibans Pour rassurer les donateurs, M. Griffiths a rappelé que les fonds – qui représentent un quart du PIB officiel du pays – ne passeraient pas par les talibans mais seraient utilisés directement par quelque 160 organisations non gouvernementalesz (ONG) et agences onusiennes sur le terrain. Une distribution facilitée par la situation sécuritaire, qui est la meilleure depuis des années, a insisté M. Griffiths. La décision du Conseil de sécurité en décembre de faciliter pendant un an l’aide humanitaire et des gestes de bonne volonté de Washington ont contribué à rassurer les acteurs financiers, paralysés par la peur de contrevenir aux sanctions et privant ainsi le pays des liquidités indispensables à son fonctionnement. Fonctionnaires, enseignants, personnels soignants n’ont parfois pas été payés depuis des mois. Lire aussi Article réservé à nos abonnés Les talibans interdisent les bains publics aux Afghanes Alors que la communauté internationale cherche toujours un moyen efficace de faire pression sur les talibans pour qu’ils changent en particulier leur manière de traiter les femmes, très rapidement privées de l’essentiel des droits acquis de haute lutte depuis vingt ans, M. Grandi a expliqué que cette aide « créait aussi un espace de dialogue avec les talibans qui est très précieux ». Le Monde avec AFP

2022-01-11 05:46:32

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