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l’Inde se reconfine partiellement le  temps d’un week-end pour tenter de faire face à la menace Omicron


New Delhi, le 21 décembre 2021. ALTAF QADRI / AP L’Inde se tient prête face à la menace Omicron. Confrontée à une nouvelle vague de Covid-19, liée au variant, une partie du pays – dont la capitale, New Delhi – se confine pour le week-end à compter de vendredi 7 janvier au soir, les autorités espérant ainsi empêcher la propagation d’Omicron. Ainsi, dans l’Etat de Delhi, seuls les personnes travaillant dans les secteurs essentiels seront exemptées des restrictions de mouvement. L’administration du premier ministre, Narendra Modi, n’a en revanche pas déclaré pour l’heure envisager un confinement national strict, comme cela avait été le cas l’an dernier. L’Etat de Delhi avait déjà imposé cette semaine un couvre-feu nocturne, tout comme Bombay, la capitale économique du pays, qui a aussi mis en place un couvre-feu nocturne, et Bangalore, la cité de la technologie indienne. Le traumatisme de la vague du printemps 2021 Le pays reste hanté par l’épouvantable vague de Covid-19 du printemps 2021. Au plus fort de la pandémie, en mai, l’Inde enregistrait plus de 400 000 nouvelles contaminations et quelque 4 000 morts par jour. Personne dans le pays ne peut oublier les scènes traumatisantes vécues dans les hôpitaux débordés de malades à l’agonie, en manque d’oxygène, les crématoriums et les cimetières peinant à répondre à l’afflux de dépouilles. Lire aussi l’enquête (mai 2021) : Article réservé à nos abonnés L’Inde de Narendra Modi dans l’abîme du Covid-19 Plus de 200 000 personnes sont mortes du Covid-19 en Inde entre avril et juin 2021 quand les hôpitaux, crématoriums et cimetières avaient été débordés par l’épidémie. Et le variant Omicron fait craindre que l’histoire se répète, au regard de la propagation exponentielle du virus ces derniers jours. Le nombre quotidien de nouvelles contaminations a plus que triplé en trois jours, grimpant à plus de 110 000 cas. « Ces chiffres sont en effet préoccupants », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Gautam Menon, professeur à l’université Ashoka, en Inde, qui a travaillé sur la modélisation de la propagation du virus. La situation, a t-il ajouté « pourrait potentiellement mettre sous pression les systèmes de santé à des niveaux comparables ou pires » que ceux du printemps 2021. L’infrastructure sociétale fragilisée Les responsables locaux observent avec inquiétude l’augmentation exponentielle du nombre de cas. Le grand confinement de l’an passé a porté un rude coup à l’économie indienne et la population redoute l’impact financier de nouvelles restrictions. Par ailleurs, comme le note Bhramar Mukherjee, épidémiologiste à l’université du Michigan interrogée par l’AFP, la propagation incontrôlée du coronavirus pourrait avoir des répercussions graves en Inde. « Comme on le voit aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, le fait qu’une grande partie de la population active soit malade affecte l’infrastructure sociétale et sème le chaos. Je crains que n’arrive un moment, en Inde, où il se passera la même chose. Il n’en faudrait pas beaucoup pour que le système s’effondre. » Lire aussi Article réservé à nos abonnés Covid-19 : l’arrivée du variant Omicron relance le débat sur la fracture vaccinale Nord-Sud L’Inde a commencé à vacciner les adolescents, lundi, et la campagne de rappel pour les personnes âgées de plus de 60 ans débutera la semaine prochaine. Les personnels de santé ont administré près de 1,5 milliard de doses de vaccin, presque deux tiers des 1,3 milliard d’habitants ont déjà reçu deux doses, selon les données gouvernementales. La campagne de vaccination pourrait contribuer à atténuer l’impact de ce nouvel assaut viral. « Bien que nous n’ayons pas encore de données, cela pourrait conférer une forte immunité hybride contre des formes graves » de la maladie, a insisté Bhramar Mukherjee. Le Monde avec AFP

2022-01-07 10:24:50

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