Monde

L’Inde réautorise le financement étranger d’une organisation créée par mère Teresa


L’Inde a réautorisé le financement étranger d’une organisation caritative fondée par mère Teresa, a annoncé samedi 8 janvier Sunita Kumar, porte-parole des Missionnaires de la charité, quelques jours après une interruption interprétée comme une preuve supplémentaire du harcèlement des chrétiens sous le gouvernement nationaliste hindou. Lire aussi Article réservé à nos abonnés L’organisation de Mère Teresa privée de financements étrangers Le 25 décembre, l’organisation caritative s’était vu refuser le renouvellement de sa licence lui permettant de recevoir des financements étrangers, selon le ministère de l’intérieur indien. La décision soulignait que les Missionnaires de la charité ne remplissaient plus les conditions d’éligibilité, sans donner plus de détails. Ce revers était intervenu quelques semaines après l’ouverture d’une enquête visant les Missionnaires de la charité dans l’Etat du Gujarat (ouest de l’Inde) pour « conversions forcées ». L’organisation avait démenti farouchement de tels faits. Les Missionnaires de la charité sont un ordre catholique fondé en 1950 par mère Teresa, religieuse catholique romaine qui a vécu et travaillé en Inde pendant la majeure partie de sa vie, aidant notamment les démunis dans la ville de Calcutta. La religieuse, Prix Nobel de la paix 1979 et canonisée par le pape François en 2016, a consacré une grande partie de sa vie à aider les plus démunis en Inde. Discriminations contre les minorités religieuses L’organisation gère des foyers d’accueil à travers l’Inde. Selon le quotidien Hindu, elle a obtenu environ 750 millions de dollars (662 millions d’euros) de financements étrangers au cours de l’exercice 2020-2021. Le gouvernement de Narendra Modi a été accusé de bloquer l’accès aux financements étrangers des organisations caritatives et de défense des droits travaillant en Inde. La semaine dernière, la branche indienne de l’ONG Oxfam a affirmé subir un blocage de l’accès aux fonds étrangers, prévenant que cela aurait d’importantes conséquences sur ses activités humanitaires. Amnesty International a annoncé en 2020 cesser ses opérations en Inde après le gel de ses comptes bancaires par le gouvernement. Les militants des droits de l’homme s’inquiètent également de l’augmentation de la discrimination et de la violence que subissent les minorités religieuses depuis l’arrivée au pouvoir de M. Modi en 2014. Le gouvernement nie toute « hindutva », projet d’hégémonie hindoue, et insiste sur l’égalité des droits entre toutes les religions. Le Monde avec AFP

2022-01-08 13:14:41

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page