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libre, Ramy Shaath est contraint de renoncer à sa nationalité


Le militant Ramy Shaath avec son épouse, Céline Lebrun-Shaath, à l’aéroport de Roissy, le 8 janvier 2022. JULIEN DE ROSA / AFP Enfin libre après deux ans et demi de détention en Egypte, le militant Ramy Shaath a laissé éclater sa joie à son arrivée à l’aéroport de Roissy, samedi 8 janvier. Aux côtés de son épouse française, Céline Lebrun-Shaath, qui s’est battue sans relâche pour sa libération, cette figure de la scène progressiste égyptienne a aussitôt dénoncé les « conditions inhumaines » des prisons du Caire. Il a affiché sa détermination à poursuivre son combat politique : « J’ai de l’espoir pour une Egypte meilleure, j’ai de l’espoir pour que les prisonniers soient libérés, j’ai de l’espoir pour une Palestine indépendante et stable. » Lire aussi Article réservé à nos abonnés L’épouse d’un militant emprisonné en Egypte espère un geste, en marge de la visite du président Sissi à Paris Son départ pour la France est l’épilogue provisoire d’une affaire qui avait choqué au sein de la société civile en Egypte. Visage connu pour son implication dans la révolution de 2011 et son engagement pour les droits des Palestiniens, Ramy Shaath, à la double nationalité palestinienne et égyptienne, avait été arrêté à son domicile au Caire le 5 juillet 2019. Les efforts de Ramallah pour le faire libérer avaient alors échoué, et Céline Lebrun-Shaath, enseignante, avait été expulsée vers Paris. « L’année 2019 a été très difficile pour la société civile égyptienne : elle a essuyé de lourdes représailles d’un régime qui ne tolère pas de voix dissidente », se rappelle, depuis Le Caire, Mohamed Lotfy, directeur de la Commission égyptienne pour les droits et les libertés. Un coût lourd Mais la libération de M. Shaath, âgé de 50 ans, fils de Nabil Shaath, qui a occupé des fonctions importantes au sein de l’Autorité palestinienne, a un coût lourd : il a été contraint de renoncer à sa nationalité égyptienne – il en a été déchu en décembre 2021, selon une source politique au Caire. Ce prix imposé est d’autant plus amer qu’il y a dix ans Ramy Shaath s’était battu pour conserver sa citoyenneté égyptienne, alors que les autorités tentaient déjà de la lui retirer, afin de fragiliser son action politique. Par ailleurs, son nom reste inscrit sur la « liste des terroristes » établie par les autorités égyptiennes ; il y avait été ajouté par contumace en 2020, pour une durée de cinq ans, une mesure condamnée par des experts de l’ONU. Après son arrestation, Ramy Shaath avait été accusé d’assistance à un « groupe terroriste » et son nom avait été ajouté à une affaire : fin juin 2019, la sûreté d’Etat avait lancé un coup de filet contre des opposants et des activistes, les accusant de préparer un complot contre l’Etat. Sa famille, appuyée par des ONG de défense des droits de l’homme et des parlementaires français et européens, a toujours dénoncé de fausses accusations, l’arbitraire de sa détention et le détournement de lois antiterroristes pour museler les opposants. Il vous reste 51.02% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

2022-01-09 16:13:45

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