Monde

L’explosion survenue en marge du Dakar pourrait contrarier les ambitions de l’Arabie saoudite


Après l’Afrique (1978-2007) puis l’Amérique du Sud (2009-2019), le Dakar est arrivé en Arabie Saoudite en 2020 ; 2022 marque la troisième édition du rallye-raid dans le royaume wahhabite. FRANCK FIFE / AFP Le bulletin de santé publié, mardi 4 janvier, sur le site de l’équipe Sodicars Racing est laconique. On y apprend simplement que Philippe Boutron, le pilote français blessé jeudi 30 janvier dans l’explosion qui a touché son véhicule à Djedda en Arabie saoudite, deux jours avant le départ du rallye-raid Dakar, est actuellement pris en charge à l’hôpital militaire de Percy à Clamart (Hauts-de-Seine). L’homme de 61 ans est « placé dans un coma artificiel de façon à alléger ses souffrances », ses jambes ayant été « amochées » par la déflagration. Quant à son copilote, Mayeul Barbet, il est lui aussi de retour en France, où, précise l’équipe, « il se reconstruit moralement après avoir vécu l’une des semaines les plus douloureuses de sa vie ». Que s’est-il réellement passé, jeudi 30 décembre ? Le déroulé des faits est désormais connu, mais des zones d’ombre demeurent autour des causes de l’explosion, qui a mis prématurément un terme au neuvième Dakar de Philippe Boutron. Celui-ci était au volant du véhicule d’assistance, à bord duquel son copilote et quatre autres personnes avaient également pris place, afin de rejoindre le bivouac où se déroulaient les vérifications techniques d’avant-course. Après avoir roulé quelques centaines de mètres à la sortie de leur hôtel, une déflagration est survenue aux abords d’une station essence. « La voiture a commencé à s’embraser et Philippe m’a demandé de venir l’aider à se sortir du siège », raconte Mayeul Barbet dans un témoignage relayé le 2 janvier par Sodicars Racing. Pour ce dernier, il ne s’agit pas d’un accident, mais d’un « attentat » à l’aide d’une bombe placée dans le longeron – une des pièces du châssis. Une thèse partagée par Thierry Richard, 57 ans, lui aussi présent dans le 4 x 4 lors du drame. « On a vu l’impact sous le véhicule. On n’est pas bêtes, on sait ce que c’est aussi une déflagration. On a pris un souffle dans la voiture, a fait valoir le pilote auprès de l’Agence France-Presse (AFP). On nous a fait exploser. » Si le ministère des affaires étrangères français et le gestionnaire de la course, Amaury sport organisation (ASO) n’ont pas formellement exclu cette piste, ils se sont montrés moins catégoriques. « L’hypothèse d’un acte criminel n’est pas écartée » et « la menace terroriste persiste en Arabie saoudite », a reconnu le Quai d’Orsay, appelant dans ses conseils aux voyageurs à la « vigilance maximale » après cette « explosion ». Par la voix du patron de la course, David Castera, ASO a fait savoir qu’il ne repoussait « aucune possibilité, y compris celle d’un acte malveillant » et annoncé le renforcement des mesures de sécurité en vigueur sur « l’ensemble du parcours, les hôtels et les bivouacs ». Il vous reste 48.4% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

2022-01-04 16:40:12

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page