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le scandale du ménage qui éclabousse la première ministre suédoise


La première ministre suédoise Magdalena Andersson, lors d’un sommet européen, à Bruxelles, le 16 décembre 2021. POOL / REUTERS Voilà une affaire dont se serait bien passée Magdalena Andersson, la nouvelle première ministre sociale-démocrate suédoise, en poste depuis le 30 novembre 2021, et candidate à sa succession aux législatives de septembre 2022. Le 8 janvier, le tabloïd Expressen a révélé qu’une femme originaire du Nicaragua, en situation irrégulière, avait été arrêtée, le 21 décembre 2021, au domicile de Mme Andersson, dans la banlieue de Nacka, où elle était venue faire le ménage. La police avait été dépêchée sur les lieux, à la suite du déclenchement accidentel de l’alarme de sécurité. Au moment des faits, la chef du gouvernement tenait une conférence de presse, avec plusieurs de ses ministres, pour faire le point sur la situation pandémique en Suède. Selon le journal Dagens Nyheter, elle avait quitté son domicile trois jours plus tôt, pour s’installer avec sa famille dans le palais de Sagerska, la résidence officielle du premier ministre à Stockholm. Polémique sur la sécurité Baptisée « städgate » (de städa, « faire le ménage » en suédois), l’affaire fait polémique. Tout d’abord, pour des raisons de sécurité : l’incident a révélé que les services de renseignement suédois, chargés de la protection de la première ministre, n’étaient visiblement pas au fait de l’identité de toutes les personnes ayant accès à son domicile. Une information stupéfiante dans un contexte suédois marqué ces trente-cinq dernières années par le meurtre de deux ministres en exercice, tous deux sociaux-démocrates. Le 28 février 1986, le chef du gouvernement, Olof Palme, avait été abattu dans la rue à Stockholm, à la sortie d’une séance de cinéma où il s’était rendu sans garde du corps. Son meurtrier n’a jamais été formellement identifié. Lire aussi l’archive (2020) : Article réservé à nos abonnés Le meurtrier d’Olof Palme, premier ministre suédois tué en pleine rue, identifié 34 ans après Le 10 septembre 2003, la ministre des affaires étrangères, Anna Lindh, avait été à son tour poignardée par un déséquilibré, dans un centre commercial de la capitale, alors qu’elle ne faisait l’objet d’aucune protection. Elle avait succombé à ses blessures le lendemain. Dimanche, les services de renseignements (Säpo) ont publié un communiqué, dans lequel leur directrice Charlotte von Essen affirme que « la sécurité de la première ministre est une priorité absolue » et s’engage à « examiner s’il y a un besoin de changer les règles ». Guerre à « l’argent noir » Mais la polémique ne s’arrête pas là. Les médias ont aussi révélé que la société de ménage, choisie par la première ministre, n’avait pas signé les accords de branche. Magdalena Andersson a assuré qu’elle avait posé la question et qu’on lui avait « répondu plusieurs fois par l’affirmative ». Les syndicats regrettent qu’elle n’ait pas mené une enquête plus approfondie. Il vous reste 16.17% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

2022-01-11 01:33:19

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