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Format, organisation, favoris… Les clés de la CAN 2022 avant le grand coup d’envoi



Avec trois ans de retard, la 33e édition de la Coupe d’Afrique des Nations pose ses valises au Cameroun à partir de dimanche et jusqu’au 6 février. En plus du pays hôte, on y retrouvera le plateau habituel de favoris, avec en tête l’Algérie et le Sénégal.La Coupe d’Afrique des Nations 2022 s’ouvrira ce dimanche avec un premier duel entre le Cameroun, pays organisateur, et le Burkina Faso, à Yaoundé (17h). Le coup d’envoi d’un mois de compétition, jusqu’au 6 février, pour cette 33e édition très attendue.La fin d’une longue attente pour le CamerounL’attente aura été particulièrement longue pour le Cameroun, à tel point que certains ont cru à une malédiction. En 2014, l’heure était pourtant au soulagement lorsque la Confédération africaine de football désignait le pays de Roger Milla et Samuel Eto’o pour accueillir la CAN en 2019. Une première depuis 1972. Et un soulagement pour les Camerounais… qui ont déchanté quatre ans plus tard.Rattrapé par des retards considérables dans ses travaux et un manque de préparation, le Cameroun s’était vu retirer l’organisation du tournoi en étant remplacé par l’Egypte. En échange, la CAF lui avait accordé l’édition 2021. Sauf que l’épidémie de coronavirus est passée par là, entraînant le report de cette CAN d’une année. Pas une si mauvaise nouvelle pour le Cameroun, qui n’était pas encore au point au niveau de ses infrastructures.Mais cette fois aucun doute: il va bien recevoir la CAN cinquante ans après, et ce malgré des rumeurs insistantes de report ou d’annulation. Le patron de la FIFA Gianni Infantino a notamment fait partie de ceux qui ont poussé pour qu’elle soit décalée à l’automne. Côté conditions d’accueil, un protocole sanitaire très strict a été mis en place. Les supporters devront être entièrement vaccinés et présenter un test PCR négatif de moins de 72h (ou un antigénique négatif de moins de 24h), pour assister aux matchs. La capacité d’accueil des stades sera réduite à 60% durant le tournoi et à 80% pour les matchs du pays hôte. Cette CAN représente aussi un défi sécuritaire pour les autorités camerounaises. Ces dernières semaines, des groupes armés ont promis de perturber la compétition en envoyant des lettres de menace à certaines équipes.Retour en hiver, avec 24 équipesIl y a trois ans, pour l’édition remportée par l’Algérie en Egypte, la CAN avait fait sa mue avec deux changements importants: un passage à 24 équipes (contre 16 auparavant) et une organisation en été plutôt qu’en hiver. Historiquement, c’est en janvier et février que la CAN se joue, mais Ahmad Ahmad, alors président de la CAF, avait décidé de tout modifier à la surprise générale. Son prédécesseur Issa Hayatou avait toujours refusé de déplacer la CAN en été, arguant qu’à cette saison, il fait trop chaud en Afrique du nord, trop humide en Afrique centrale et trop froid dans le sud. Résultat, le tournoi s’était déroulé en Egypte en juin-juillet sous une chaleur monstre. Le thermomètre avait allègrement dépassé les 40°C lors de certaines rencontres, et il avait fallu mettre en place des pauses fraîcheur pour permettre aux joueurs de s’hydrater.Il n’y aura pas ce genre de scènes cette année. Le retour en hiver pour cette édition au Cameroun a en partie été décidé pour des raisons météorologiques. « En Afrique, l’été au nord du continent n’a rien à voir avec l’été au sud. J’ai toujours dit que nous devions être flexibles par rapport à la météo », s’était justifié Ahmad Ahmad, qui a depuis cédé sa place à Patrice Motsepe. Ce retour en arrière a pu faire grincer des dents chez les clubs européens, parfois réticents à laisser partir leurs joueurs en cours de saison. Concernant la formule, il y a aura à nouveau 24 nations en lice. Les six vainqueurs de groupes, les six deuxièmes et les quatre meilleurs troisièmes rejoindront les huitièmes de finale à partir desquels le tournoi passera en mode élimination directe.L’Algérie et le Sénégal en tête des favorisDifficile de ne pas penser à l’Algérie au moment de désigner des favoris. Tenants du titre, imperturbables lors des qualifications pour la CAN et la Coupe du monde 2022, et en confiance après avoir gagné la Coupe arabe le mois dernier, les Fennecs de Djamel Belmadi ont de quoi faire peur. Avec en plus des individualités en grande forme comme Riyad Mahrez, 13 buts cette saison avec Manchester City, et Youcef Belaïli, annoncé un peu partout en Europe. « L’Algérie est peut-être déjà tournée vers le Qatar (elle s’est qualifiée en novembre pour les barrages, ndlr), et elle a en plus un tableau difficile à gérer, nuance Mansour Loum, journaliste pour Sport News Africa et invité du podcast After Galaxy de RMC. J’ai peur que ça bloque pour l’Algérie à partir des demi-finales. »Lui se méfie plutôt du pays hôte, qui a tout pour « faire mal ». « On sait que le Cameroun a l’ADN de la CAN. Personne ne l’attendait quand il va au bout en 2017. Comme l’Egypte ou parfois le Nigeria, ces équipes sont capables de s’unir pendant trois-quatre semaines pour être inarrêtables. Et le Cameroun n’a rien à perdre. » Au jeu des pronostics, l’Égypte de Mohamed Salah, la Côte d’Ivoire de Sébastien Haller, le Maroc de Sofiane Boufal, le Mali d’Yves Bissouma et la Tunisie de Wahbi Khazri sont aussi régulièrement cités. Comme le Sénégal, porté par un collectif fort et une sacrée armada (Edouard Mendy, Kalidou Koulibaly, Nampalys Mendy, Sadio Mané, Ismaïla Sarr…), et seule nation majeure du football africain à n’avoir jamais remporté la CAN. En poste depuis 2015, le sélectionneur Aliou Cissé se sait sous pression. Atteindre la finale est presque une obligation au vu de l’effectif à sa disposition. A noter que deux pays s’apprêtent à vivre leur première CAN : la Gambie et les Comores.

2022-01-08 10:43:04

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