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faut-il poursuivre les ministres dépensiers ? – Jeune Afrique


Le premier est à la tête de l’Inspection générale des finances, le second préside la Cour des comptes. Et chacun a sa propre conception de la « faute de gestion ». Derrière le bras de fer technique, c’est une question très politique qui se joue.

C’est un débat qui pourrait paraître pour le moins technique, mais qui s’avère éminemment politique. Faut-il, ou non, considérer les – très larges et répétitifs – dépassements budgétaires de la part de nombreux ministères et institutions comme des « fautes de gestion » ?
Le très médiatique patron de l’Inspection générale des finances (IGF), Jules Alingete, considère que ces dépassements relèvent d’un choix politique, et ne constituent donc « ni un acte de détournement, ni un acte de mauvaise gestion ». Une posture qu’il avait adoptée dès le mois d’octobre dernier lorsqu’il avait été interrogé, lors d’un point presse, sur les mesures que l’IGF comptait prendre à l’encontre des ministères ayant crevé le plafond des dépenses que la loi de Finances leur avait alloué. Au contraire, le premier président de la Cour des comptes, Ernest Izemengia Nsaa-Nsaa, juge pour sa part qu’ils sont consécutifs d’une faute de gestion. Et sont donc illégaux.

L’enjeu est de taille. Dans son rapport sur l’exécution du budget de l’année 2020 rendu public le 29 décembre dernier, la Cour des comptes a constaté des dépassements abyssaux. En 2020, le ministère des Mines détient ainsi le triste record, avec un budget correspondant à… 961,08% des crédits qui lui avaient été alloués dans la loi de Finances. Le ministère des Affaires étrangères affiche pour sa part un dépassement de 411,55%. Quant à la présidence, si elle affiche un dépassement budgétaire de 13,55% en 2020, ses services semblent s’être largement assagis par rapport à l’année précédente… Et plus encore par rapport aux dépassements observés sous l’ère de Joseph Kabila.
Jules Alingete indexé


Stanis Bujakera Tshiamala
2022-01-10 16:29:27

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