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Etats-Unis : Le lancement de la 5G sur la bande C de nouveau retardé


La pression des transporteurs aérien et de la Maison Blanche a finalement payé : le déploiement outre-Atlantique de la 5G sur la bande C – la « bande-reine » de la nouvelle génération de technologies mobiles – est de nouveau repoussé sur fond de crainte pour la sécurité aérienne. Après une ultime passe d’arme ces derniers jours, les opérateurs Verizon et AT&T ont finalement accepté de décaler au 19 janvier prochain le déploiement de leurs réseaux 5G sur la bande C suite à des inquiétudes quant aux interférences potentielles que pourraient faire peser ces derniers sur les appareils électroniques sensibles équipés dans les avions – à l’instar des radioaltimètres.Selon des représentants de l’industrie aérienne, un projet d’accord de la dernière heure est intervenu d’abord avec l’opérateur téléphonique AT&T, puis avec Verizon, pour retarder à nouveau de quinze jours la mise en place de nouvelles bandes de fréquence 5G. Une information confirmée par un porte-parole d’AT&T, qui indiquait ce lundi matin avoir conclu un accord avec les autorités américaines pour «accepter un délai supplémentaire de deux semaines du déploiement du service». Pour rappel, la mise en service de la 5G sur la bande C – et plus particulièrement sur les bandes de fréquence 3,7-3,8 GHz – devait avoir lieu ce mercredi.Durant cette « pause de deux semaines », les modifications apportées dans les installations aux aéroports notamment devront être examinées par l’autorité de régulation aérienne, la FAA, « pour s’assurer qu’elles présentent toutes les conditions de sécurité pour les vols », indiquent les deux opérateurs. Ces derniers s’étaient vu attribuer des fréquences sur cette fameuse bande C en février dernier, à l’issue d’un appel d’offres estimé à environ 80 milliards de dollars.La France citée en exemple par Verizon et AT&T
Ce nouvel épisode fait suite à une lettre adressée la semaine dernière aux deux opérateurs américains par le secrétaire américain aux transports, Pete Buttigieg, et le patron de la Federal Aviation Administration (FAA), le gendarme américain de la sécurité aérienne, Steve Dickson. Dans cette lettre, ces derniers réclamaient un nouveau délai de deux semaines pour permettre à leurs agences d’évaluer plus avant les craintes que les déploiements commerciaux sur le spectre de la bande C puissent interférer avec les systèmes d’atterrissage automatique utilisés par certains avions.La réponse des opérateurs ne s’étaient pas fait attendre. Dans une lettre conjointe, le PDG d’AT&T John Stankey et celui de Verizon, Hans Vestberg, soulignaient leur intention de ne pas décaler ce déploiement pourtant controversé… En citant l’exemple de la France. « Si les compagnies aériennes américaines sont autorisées à effectuer des vols tous les jours en France, alors les mêmes conditions d’exploitation devraient leur permettre de le faire aux États-Unis », ont-ils fait valoir. Un argument qui ne tient qu’en partie, alors que le spectre américain utilisé pour les déploiements de la 5G en bande C est plus proche des fréquences utilisées par les systèmes d’aviation que les déploiements en bande C effectué en France dans la bande des 3,5 GHz. En France, où les opérateurs déploient également leurs réseaux 5G sur cette fameuse bande C (en l’occurrence sur la bande des 3,5 GHz), la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) s’était déjà penchée sur la question en 2020, en exigeant des analyses techniques supplémentaires avant l’allumage de toute antenne 5G proche d’un aéroport. Celle-ci n’a pour l’heure décelé aucun dysfonctionnement de nature à perturber le déploiement des réseaux 5G sur le territoire.

2022-01-04 10:26:01

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