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En proie au chaos, le Kazakhstan appelle Moscou à l’aide


Un manifestant contre la hausse brutale des prix du carburant, en particulier du GPL, photographie les fenêtres d’un kiosque de police brisées par des manifestants à Almaty, au Kazakhstan, le 5 janvier 2022. VLADIMIR TRETYAKOV / AP Statues de Noursoultan Nazarbaïev, personnage central du pays, déboulonnées, bâtiments officiels mis à sac, sièges du parti au pouvoir dévastés, voitures de polices incendiées… La colère générée par l’augmentation brutale du prix des carburants, en particulier du gaz de pétrole liquéfié (GPL), a tourné à l’émeute et au chaos au Kazakhstan, faisant voler en éclats l’image de stabilité immuable de cette ex-République soviétique bâtie depuis son indépendance, il y a trente ans. Des « dizaines » de manifestants ont été tués dans la nuit de mercredi 5 au jeudi 6 décembre dans la ville d’Almaty, la capitale économique du pays, située dans le Sud-Est et devenue en quelques heures l’épicentre des émeutes. « La nuit dernière, les forces extrémistes ont tenté de prendre d’assaut les bâtiments administratifs, le département de la police de la ville d’Almaty, ainsi que les départements locaux et les commissariats de police. Des dizaines d’assaillants ont été éliminés », a annoncé, jeudi matin, le porte-parole de la police, Saltanat Azirbek, cité par les agences russes Interfax-Kazakhstan, TASS et RIA Novosti. Prix du GPL doublé Le ministère de l’intérieur kazakh a également avancé le nombre de douze morts dans les rangs des forces de sécurité et de trois cent cinquante-trois blessés. D’autres villes de ce pays d’Asie centrale d’à peine plus de 18 millions d’habitants, grand comme cinq fois la France, ont été également gagnées par la contestation dont les revendications se sont rapidement muées en faveur d’un changement de régime. A 230 kilomètres au nord d’Almaty, à Taldykorgan, l’Akimat, le siège de l’administration était ainsi en proie aux flammes. « Plus de mille personnes ont été blessées à la suite des émeutes dans différentes régions du Kazakhstan, près de quatre cents d’entre elles ont été hospitalisées et soixante-deux sont en soins intensifs », a précisé un peu plus tard le vice-ministre de la santé, Ajar Guiniat, à l’antenne de la chaîne Khabar-24. En dépit de la coupure générale d’Internet et des communications mobiles, et de l’instauration de l’état d’urgence sur tout le territoire, de nombreuses images de chaos et de forces de l’ordre en déroute ont circulé sur les réseaux sociaux. Les unes montrent des policiers et des militaires fraternisant avec les manifestants. D’autres, des scènes de grande violence, où des individus semblaient atteints par des tirs à balles réelles. Dans une brève allocution en langue russe diffusée mercredi après-midi par la télévision d’Etat, le président Kassym-Jomart Tokaïev, 68 ans, a dénoncé tout à la fois des « conspirateurs motivés par le gain » et « des hooligans très bien organisés » ayant « scrupuleusement planifié leurs actions ». Les faits suggèrent au contraire que c’est la libéralisation brutale par le gouvernement des prix du carburant, et en particulier du GPL, qui a déclenché, à la base, le mouvement de colère. Les foyers du mécontentement font partie des régions où le GPL, dont le prix vient de doubler, est le carburant le plus utilisé. Il vous reste 64.66% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

2022-01-06 10:16:56

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