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en Italie, une rentrée scolaire dans la confusion


« En ordre dispersé. » C’est l’un des titres favoris de la presse italienne à l’heure où près de 7,5 millions d’élèves de la Péninsule reprennent, lundi 10 janvier, le chemin de l’école après les vacances de Noël. Il résume à la fois la complexité des mesures décrétées par le gouvernement pour contenir la diffusion du SARS-CoV-2 dans les établissements scolaires, tout comme la réponse très contrastée des régions. Ainsi, le président de la Sicile, Nello Musumeci (droite), a décidé de reporter de trois jours le retour à l’école, le temps d’évaluer la situation sanitaire réelle pour les écoles de l’île. Son homologue de Calabre, Roberto Occhiuto (Forza Italia, droite modérée), aurait souhaité que la rentrée des classes soit différée de deux semaines face à la hausse des contaminations, avant de finalement se plier au calendrier fixé par le gouvernement. Mais c’est surtout en Campanie que la mesure la plus radicale a été prise. Son gouverneur, Vincenzo de Luca (Parti démocrate, centre gauche), a signé, le 7 janvier, une ordonnance maintenant la fermeture des écoles jusqu’au 29 janvier dans toute la région. Dans une longue vidéo publiée sur son compte Facebook, De Luca a expliqué, le visage grave, que la Campanie était, selon ses termes, « la région la plus à risque » du pays face à la vague d’Omicron. Ce lundi, la région va néanmoins rester de couleur blanche, selon la typologie locale, en raison d’un taux d’incidence moins élevé que dans d’autres régions (1 263 cas pour 100 000 habitants sur les sept derniers jours au 9 janvier, contre plus de 1 700 cas en moyenne nationale) et d’une pression sur l’hôpital encore supportable, avec un taux d’occupation des lits en réanimation de 11 %. Lire aussi Article réservé à nos abonnés Face à la vague Omicron, les pays européens serrent la vis Cette ordonnance a donné lieu à une épreuve de force avec le gouvernement. Interrogé dimanche soir sur Rai 3, le ministre de l’éducation, Patrizio Bianchi, a dénoncé un « choix mauvais et illégitime ». Un choix qui a provoqué la colère de nombreux parents d’élèves qui ont déposé un recours devant le tribunal administratif. Celui-ci a suspendu, lundi, l’ordonnance de fermeture. Sur le compte Facebook « Scuole Aperte Campania » (« écoles ouvertes en Campanie »), les familles ne cachaient pas leurs difficultés à faire garder leurs enfants à la maison, dénonçant l’absurdité de cette ordonnance, alors que les restaurants, les cinémas et les salles de sport restent ouverts. Décrochage scolaire Connu pour son langage fleuri et son caractère bouillant – il avait menacé d’envoyer la police disperser « au lance-flammes » les soirées clandestines pendant le confinement en 2021 –, Vincenzo de Luca n’en est pas à ses premières passes d’armes avec Rome. Le 15 octobre 2020, alors que l’Italie affrontait la deuxième vague, la Campanie avait été la première région du pays à refermer ses écoles. Furieuse, la ministre de l’éducation de l’époque, Lucia Azzolina, avait dénoncé une décision « gravissime », arguant que l’école « était le lieu le plus sûr de tous ». Il vous reste 45.03% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

2022-01-10 14:57:09

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