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En Ethiopie, le pari politique d’Abiy Ahmed


Pour ne rien manquer de l’actualité africaine, inscrivez-vous à la newsletter du Monde Afrique depuis ce lien. Chaque samedi à 6 heures, retrouvez une semaine d’actualité et de débats traitée par la rédaction du Monde Afrique. Des Oromos protestent contre le gouvernement et demandent la libération de Jawar Mohammed et d’autres opposants pendant le festival annuel d’Irreecha, à Addis-Abeba, le 2 octobre 2021. AP L’amnistie accordée par le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, à trente-sept figures de l’opposition a surpris nombre d’Ethiopiens alors qu’ils célébraient Genna, le Noël éthiopien, vendredi 7 janvier. C’est cet esprit de Noël que le dirigeant a d’abord invoqué au moment d’accorder sa grâce aux principaux prisonniers politiques du pays. Ces libérations font pourtant grincer des dents dans une Ethiopie plus que jamais divisée après quatorze mois de conflit entre l’armée et les rebelles du Tigré. Ces libérations ont pour objet, selon le premier ministre, de participer à un effort de « réconciliation nationale » afin de mettre fin à la guerre civile qui a débuté avec l’éclatement du conflit dans la région du Tigré, dans le nord du pays, en novembre 2020. Le pivot de cette réconciliation – alors qu’aucun cessez-le-feu n’a été signé – résiderait dans un dialogue national inclusif, et la participation de certaines personnalités politiques libérées devrait y apporter une légitimité renforcée. Lire aussi Article réservé à nos abonnés « Le jour, on observe, la nuit, on agit » : en Ethiopie, les miliciens finissent de « nettoyer » le terrain C’est un coup politique que tente le chef du gouvernement. Désormais débarrassé de la menace militaire que faisaient planer les rebelles des Forces de défense tigréennes (TDF) sur son pouvoir – en novembre 2021, ces derniers s’étaient approchés à moins de 200 kilomètres de la capitale, Addis-Abeba, avant d’être repoussés –, Abiy Ahmed s’efforce de redessiner la carte des équilibres politiques. « Trahison » Les trente-sept personnalités libérées appartiennent à trois partis situés aux extrémités de l’échiquier politique éthiopien. La libération la plus spectaculaire concerne six cadres du Front populaire de libération du Tigré (TPLF), parti désigné comme organisation terroriste par le Parlement fédéral, matrice des TDF, et principal acteur militaire de la guerre contre le pouvoir central. En conséquence, l’annonce de leur libération a provoqué l’ire de responsables de la région Amhara, la deuxième plus grande région du pays, dont les soldats et miliciens affrontent les forces tigréennes sur fond de contentieux historiques et territoriaux. Les autorités amhara n’hésitent pas à qualifier la campagne contre le TPLF de « lutte pour la survie du peuple Amhara ». Pour certains de ses leaders, comme le président du lobby pro-amhara GLEAN, Neamin Zeleke, ces libérations sont une « trahison ». Jusqu’à cette annonce, ils étaient les plus proches alliés d’Abiy Ahmed. Il vous reste 58.6% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

2022-01-10 08:52:34

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