Foot

Edgar Barros (Avranches) : « J’ai été contacté pour être l’adversaire de Messi dans une pub »



Zapping Foot National Top 10 : les joueurs les plus fidèles en Ligue 1Son enfanceJe suis né le 8 mai 1998 à Lagny-sur-Marne, mais j’ai grandi à Bailly-Romainvilliers. J’ai commencé le football très tôt, à l’âge de cinq ans, dans le club de ma ville. C’était par pure passion. Faire du foot, ça me canalisait dans le sens où j’ai toujours été quelqu’un qui a beaucoup d’énergie à revendre, pas parce que j’étais turbulent. Quand j’étais petit, j’étais pour Lyon lorsqu’il y avait Benzema, Ben Arfa ou Juninho. C’était mon club favori mais en grandissant je me suis un peu détaché de tout ça. Je n’ai plus vraiment d’équipe préférée en France. Si je devais choisir une équipe, ce serait le Barça du fait de mes origines espagnoles.Ses originesMon père est sénégalais et ma mère espagnole. Mes origines m’apportent beaucoup au quotidien. La culture sénégalaise m’oblige à être humble et à prôner le partage. Le côté espagnol m’apporte une certaine joie de vivre. C’est très intéressant de pouvoir bénéficier de ce mélange-là. J’ai pris le caractère de mon père (rires). Tout cela donne la personne que je suis aujourd’hui. Je pense être très humble et très travailleur.L’AfriqueJe vais être à fond pour le Sénégal lors de la CAN ! J’ai toujours été attaché à mes origines. J’ai eu la chance de me rendre sur place deux fois. J’étais jeune, mais j’ai pu découvrir ce qu’était l’Afrique. Je me souviens que j’ai pu assister à plusieurs matchs de foot là-bas. Quand j’ai vu les conditions de jeu, au niveau des infrastructures notamment, j’ai pris conscience qu’en France on avait vraiment de la chance. J’ai ouvert les yeux. Je me suis dit que j’allais me donner à fond dans le foot. Pour moi mais aussi pour eux car je pense qu’ils rêveraient d’être à ma place.Le football africainAujourd’hui, tout est une question d’exposition médiatique. Je pense que les joueurs africains sont moins médiatisés que ceux qui viennent d’Europe ou d’Amérique du Sud. Mais selon moi, cela vient aussi du fait que les Africains en général n’aiment pas forcément être mis en avant en dehors du terrain. Il n’y a qu’à voir Mohamed Salah, Sadio Mané ou N’Golo Kanté (le Français possède aussi la nationalité malienne, ndlr). Ils vont toujours être humbles dans leur communication, et jamais arrogants. Après, c’est clair que la CAN est moins médiatisée que d’autres compétitions. Au final, cette situation est un peu triste pour ces joueurs qui font d’énormes sacrifices pour arriver au plus haut niveau. Par exemple, Édouard Mendy a été énorme avec Chelsea mais n’a pas été récompensé, c’est vraiment dommage.TorcyJ’ai donc commencé à Bailly-Romainvilliers. J’y suis resté trois ans et tout se passait très bien. Je suis ensuite allé à Torcy pour avoir une meilleure exposition. J’étais en sport-étude au collège Louis Aragon puis au collège Victor Schoelcher donc j’alternais entre foot et école. C’était un mini centre de formation. C’est donc là que j’ai fait toutes mes classes : 14 Régionaux, U15 DH, U16 Élite, U17 et U19. Je n’étais pas forcément le meilleur, mais j’étais très discipliné. J’étais très à l’écoute, mais je n’arrivais pas à mettre ma personnalité en avant dans l’équipe, contrairement à aujourd’hui. Je manquais un peu de maturité dans mon jeu. »Heureusement, je n’avais pas annulé mon essai à Avranches… »Edgar BarrosSa grave blessureMalheureusement, en U19, je me suis fait les croisés. C’était très compliqué. Je ne savais pas si j’allais pouvoir reprendre dans les mêmes conditions. J’étais un peu au fond du trou. Je me suis fait opérer très rapidement afin d’être opérationnel au plus vite. J’ai intégré un centre de rééducation et j’ai dû arrêter l’école pendant un semestre. J’ai pris cette blessure comme une épreuve de la vie. Je me suis dit que ce n’était pas un hasard. J’ai dû surmonter cette épreuve, mais au final cela m’a permis d’avoir plus de caractère. J’ai aussi pris conscience de la chance qu’on a en France d’avoir accès aux soins facilement.Retour aux sourcesJe souhaitais retrouver du rythme avec un groupe après cette blessure importante. Je voulais me relancer dans un bon club. J’ai pu intégrer le CS Meaux, juste à côté de chez moi. Le club évoluait en R1 et souhaitait monter en N3. J’étais un peu en retard physiquement, mais j’étais tellement déterminé que je me suis donné les moyens de combler ce retard. Je me suis même entraîné en parallèle avec un préparateur physique personnel. À Meaux, je n’avais pas beaucoup de temps de jeu mais j’ai au moins pu retrouver la forme. Je savais que Joël Epalle, un ancien international camerounais qui a notamment joué la Ligue des champions, était sur le banc de Val d’Europe, en R2, juste à côté de chez moi. Je voulais lui taper dans l’œil. Mes coéquipiers m’ont tout de suite mis en confiance. Je n’ai fait que travailler. J’ai fait deux ans là-bas qui se sont très bien passés.Rendez-vous manqué avec MessiJ’avais envie d’aller plus haut. J’étais prêt. J’ai demandé à un contact de me mettre en relation avec des clubs pour faire des essais. Il m’a trouvé quelque chose à Avranches, un club de N1 dont la réserve évolue en N3. C’était en Normandie, mais j’ai foncé. Je ne me suis pas posé la moindre question. Je devais passer un essai sur deux jours : le jeudi et le vendredi. Au même moment, j’ai été contacté par une société de production pour tourner une publicité le jeudi et le vendredi ! C’était l’une des plus grosses boîtes de production française : Iconoclast. J’étais donc face à un gros dilemme. C’était pour Gatorade, une marque de boisson énergétique. On m’a dit que j’allais pouvoir gagner une très belle somme d’argent. Mais surtout, que j’allais être l’opposant de Lionel Messi dans cette pub. J’ai accepté directement (rires) ! Le réalisateur me voulait, mais il fallait attendre le retour d’Iconoclast. Le lendemain, je n’ai plus eu de nouvelles. Heureusement, je n’avais pas annulé mon essai à Avranches.AvranchesTout s’est immédiatement très bien passé. Tout le monde m’a mis en confiance lors de mon arrivée. Mon essai s’est super bien déroulé. J’ai fait une bonne prestation en match amical avec une passe décisive à la clé. Dans la foulée, j’ai été pris. Au départ pour l’équipe réserve, en N3 donc. Le staff de la N1 a organisé un match contre la N3. J’ai su montrer mes qualités et saisir ma chance. C’est à partir de ce match que j’ai pu intégrer l’équipe première à l’entraînement. Depuis, j’ai même fait mes débuts avec la N1. En quatre mois, je suis passé d’une R2 à un groupe de N1 ! J’ai conscience qu’il y a encore beaucoup à faire. Même si j’ai ma petite photo dans le vestiaire (rires). J’ai envie d’avoir le plus de temps de jeu possible en N1. C’est un championnat qui donne un certain avant-goût de ce qui se fait au haut niveau. Mais je ne veux pas brûler les étapes.Son profilJe suis un latéral droit moderne, plutôt offensif. Je suis un bon contre-attaquant. Techniquement, je m’identifie beaucoup au style de jeu d’un joueur comme Daniel Alves par exemple. Kyle Walker est aussi une inspiration, mais plus sur l’aspect physique. J’ai un jeu un peu à l’anglaise dans le sens où j’essaye de toujours m’orienter vers l’avant. Depuis que je suis petit, on me dit que j’ai des qualités athlétiques au-dessus de la moyenne. J’adore prendre mon couloir, déborder et centrer. J’aimerais beaucoup m’améliorer tactiquement. Je pense que faire partie de la N1 va m’aider dans ce sens-là.Pour résumerÀ bientôt vingt-quatre ans, Edgar Barros n’a plus vraiment de temps à perdre. Cela tombe bien, le latéral droit de l’US Avranches sait franchir les paliers très rapidement. Il y a quelques mois, il évoluait encore à Val d’Europe en R2. Aujourd’hui, il entend bien se faire une place définitive au sein de la formation normande. Entretien.

2022-01-06 11:00:00

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Bouton retour en haut de la page