AFRIQUE

de la diplomatie du masque à la coproduction de vaccins – Jeune Afrique

Les secteurs de la médecine et de la pharmacie ont toujours fait partie des partenariats sino-africains, mais ils y ont pris davantage de place avec la pandémie de Covid. Une importance renforcée par l’annonce de la fourniture, par Pékin, de 1 milliard de doses de vaccins au continent.

On a d’abord parlé d’une « diplomatie du masque »… Au début de 2020, alors que le monde entier se confinait pour tenter d’enrayer la diffusion du Covid-19, la plupart des pays s’apercevaient que les masques, blouses et gants dont ils imposaient le port n’étaient pas disponibles. Ou, sinon, en nombre très insuffisant.
Malgré des couacs, un soutien constant
C’est alors la Chine qui a envoyé en Afrique les premiers stocks de masques, d’abord à l’initiative du milliardaire Jack Ma. Depuis, le soutien que Pékin apporte au continent dans sa lutte contre le virus ne s’est pas démenti, même si le partenariat a connu quelques ratés. Annoncée à la fin de 2020, la vaccination générale de la population marocaine grâce au sérum fourni par Sinopharm, a par exemple s’est faite avec beaucoup de retard. Et, aujourd’hui, l’on s’interroge sur l’efficacité des vaccins chinois face aux nouveaux variants. Ajoutés au fait que le coronavirus est d’abord apparu en Chine, ces couacs auraient pu écorner l’image de ce pays en Afrique.

Mais, à en croire les responsables politiques comme les professionnels de santé du continent, on en est loin. Et pour cause : si l’aide chinoise n’a pas toujours été sans défaut, elle a été constante. Tandis que les États occidentaux, qui avaient juré de tout faire pour enrayer la pandémie partout dans le monde, se ruaient sur les premiers stocks et les confisquaient à leur profit, Pékin a, dès qu’il l’a pu, fourni l’Afrique en vaccins.
Les besoins restent immenses, et les opportunités le sont tout autant
Lors du sommet de Dakar, le président sud-africain Cyril Ramaphosa, dont le pays est le plus touché du continent, a clairement résumé le sentiment général : « Le Covid a montré que le fossé entre pays pauvres et pays riches pouvait se creuser. Il a mis en exergue nos divisions, mais nous a aussi rapprochés. La Chine a, dès le début, apporté un soutien sans faille à l’Afrique. »
Un marché de 65 milliards de dollars
Aujourd’hui, le partenariat va bien plus loin que la simple fourniture de masques ou de vaccins. Ainsi, le groupe chinois BGI a financé l’usine de tests Covid, qui s’est ouverte en septembre 2020 en Éthiopie, ou le laboratoire de tests de l’aéroport d’Addis-Abeba, pendant que Sinovac s’alliait avec le fabricant local Vacsera pour faire de l’Égypte le premier État producteur de vaccins anti-covid du continent.

En annonçant que son pays allait faire don de 1 milliard de doses à l’Afrique en 2022 – dont 40% seront coproduites sur place –, le président Xi Jinping a encore amplifié le mouvement. « L’Afrique importe 80% de ses produits de santé et ne représente que 3% de la production pharmaceutique mondiale », a souligné Radia Houari Chmanti, la patronne de Spimaco Maroc, lors du Forum de Dakar. Les besoins restent donc immenses, et les opportunités le sont tout autant : en 2020, le cabinet McKinsey a estimé que le marché continental de la pharmacie s’élevait à 65 milliards de dollars, auxquels il faut rajouter plus de 10 milliards depuis l’apparition du Covid.


Olivier Marbot
2022-01-07 14:29:48

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