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Christophe Fauvel (Bergerac) : « Il nous manquait l’opportunité de jouer une grosse cylindrée du football français »



Zapping Foot National Top 10 des vainqueurs de la Coupe Gambardella Bonjour Christophe. Quel sentiment prédomine après ce tirage et cette affiche à venir face à Saint-Etienne ?C’est une énorme satisfaction, car se retrouver en 8es de finale, c’est déjà une superbe performance pour nous, club amateur. Depuis dimanche soir, on savoure cette qualification pour un stade de la compétition qui n’est pas habituel pour les clubs amateurs. Et puis il y avait toujours la question de savoir qui on allait tirer, d’autant qu’il restait un autre club amateur avec le FC Versailles et ce n’est pas lui faire offense, car la réciproque doit être vraie, mais quand on arrive à ce stade de la compétition, on a plutôt envie de tirer une Ligue 1 ou une grosse Ligue 2. On est dans la position, à ce moment-là, d’un joueur de tennis voulant être dans la performance.Du coup, quand on tire Saint-Etienne, qui coche quasiment toutes les cases puisque c’est un club de L1, qui fait partie, pour moi, des trois plus mythiques clubs de France derrière l’OM et le PSG, de par son histoire, par ses trophées, par sa culture, et bien c’était une vraie explosion de joie de pouvoir se retrouver confronté à ce mythe qu’est l’AS Saint-Etienne. Surtout que depuis trois, quatre ans, le club est habitué à faire des exploits en Coupe, mais il nous manquait jusqu’à maintenant l’opportunité de jouer une grosse cylindrée du football français et ça sera désormais chose faite.Avoir une deuxième Ligue 1 après Metz (victoire en 32es de finale), on imagine que c’est plus fort que tout ?Exactement, car on avait eu l’ivresse de cocher la case victoire face à une Ligue 1, étant donné que nous n’avions jamais battu un pensionnaire de première division jusqu’à maintenant. On avait battu beaucoup de Ligue 2, qui restaient des équipes de haut de tableau en deuxième division, mais là, on a eu la chance pour la première fois avec Metz de s’émanciper encore un peu plus  et de franchir un cap. Là, on se retrouve de nouveau confronté à une Ligue 1, mais sans faire offense à Metz, c’est une Ligue 1 avec encore plus d’histoire.Metz représentait déjà un sacré monument de l’histoire du football français, mais là, Saint-Etienne en terme de trophées, de Coupe d’Europe et autres, ça parle à d’autres générations. Peut-être pas les plus jeunes, mais ça parle à beaucoup de générations et donc c’est un véritable bonheur. »On a un parcours pour le moment sans faute »Christophe Fauvel et son club de Bergerac s’apprêtent à affronter l’AS Saint-Etienne en 8es de finale Que représente Saint-Etienne, 6 fois vainqueur de la Coupe de France, à vos yeux ?  Pour moi, ça représente la finale face au Bayern de Munich dans les années 70, ça représente des entraîneurs mythiques comme Robert Herbin, des joueurs mythiques comme Platini, Piazza… Ce club est chargé de clins d’œil à l’histoire et se dire qu’on va les avoir face à nous pendant 90 minutes ou plus sur un match de football, c’est un rêve incroyable qu’on n’aurait pas osé imaginer il y a quelques semaines de cela. C’est ça la magie de la Coupe de France.Au niveau de Bergerac, quel regard portez-vous sur le parcours de vos joueurs en Coupe cette saison ?C’est un parcours assez exceptionnel étant donné qu’on est en 8es de finale et que nous n’avons pas encore encaissé un seul but dans cette compétition. Je ne sais pas si la statistique existe déjà (rires). On est à 0 but encaissé en ayant rencontré, au passage, une équipe de Ligue 1, une équipe de National 1 et des grosses équipes de National 3. On a un parcours pour le moment sans faute et j’espère qu’il va se poursuivre un petit peu plus, pourquoi pas. On a le droit d’y rêver.Le groupe est très solidaire, il se serre les coudes et met beaucoup de cœur dans ce qu’il entreprend, que ce soit sur le terrain ou hors des pelouses et c’est aussi ce qui donne cette force au groupe. Un groupe qui coche, pour l’heure, toutes les cases de la performance, de la solidarité et du jeu, vu qu’on voit du jeu à Bergerac. On ne fait pas cette performance en défendant à 11 et en attendant la séance des tirs au but. Il y a du jeu, de l’énergie et on se régale au contact de cette équipe. Justement, concernant cette solidité défensive, c’est quelque chose de surprenant ou loin de là ? On ne s’y attendait pas. En tout cas moi, en tant que président, je ne m’y attendais pas. Je ne sais pas si l’entraîneur avait programmé quelque chose là-dessus. On avait rajeuni l’effectif en début de saison, car les clubs amateurs comme le nôtre sortent de deux saisons blanches. Ce qui fait qu’on partait avec beaucoup d’inconnus. Le groupe était rajeuni, le staff est aussi très jeune, avec notre coach Erwan Lannuzel âgé de seulement 33 ans. Il y a des joueurs plus âgés que lui dans l’effectif (rires). C’était donc un sacré pari pour Bergerac et on partait sur un projet basé sur les trois prochaines années, avec la construction d’un groupe pour arriver à maturité au bout des trois ans. Le mélange ancien et jeune performe pour le moment super bien au sein du club. « On va essayer de leur faire voir qu’à Bergerac, on sait aussi jouer au football »Christophe Fauvel est revenu sur la magnifique saison que vit Bergerac actuellement Credit Photo – Michaël Ghys Photography Pour la première fois depuis plus de 10 ans, seulement deux clubs amateurs sont en 8es de finale. Cela est-il encore plus savoureux pour vous ?L’année dernière, à ce stade de la compétition, il y avait beaucoup plus de clubs amateurs. Mais le format de la compétition avait été profondément remanié et il favorisait peut-être ce type d’accessit. Là, on voit cette année que sur un format classique de Coupe de France, la compétition est très difficile et les surprises sont moins présentes, avec les clubs professionnels qui se préparent de plus en plus et prennent de moins en moins à la légère les matchs.Lors du tirage des 8es, j’avais noté que sur les 16 équipes, 10 étaient de Ligue 1, 4 étaient de Ligue 2 et seulement deux clubs amateurs étaient au rendez-vous. Cela renforce un peu le positionnement de Versailles et Bergerac. Même s’il faut noter que Versailles est 2e de son groupe derrière la réserve de Lorient et que de notre côté, nous sommes en tête de notre groupe.Par rapport à la reprise lors des prochains jours en N2 et le parcours en Coupe, est-ce que les joueurs ne vont pas trop tirer sur la corde au niveau physique ?C’est l’éternel débat. Est-ce qu’on va laisser beaucoup de forces sur ces batailles-là ? On peut le craindre, surtout du fait qu’on a considérablement rétréci l’effectif, qui est moins profond et large que les autres années. Il peut donc y avoir un coup de fatigue à un moment donné, ça reste à voir. Les joueurs ont fait des efforts très importants ces derniers temps, notamment sur la coupure entre Noël et le jour de l’An, puisqu’entre la qualification face à Metz et le 16e de finale face à Créteil, il y a à peine eu quinze jours. Les vacances ont été courtes et il a fallu reprendre vite. C’est beaucoup d’efforts, mais en même temps, je me dis : « Quel est le club amateur qui n’aimerait pas être à notre place ? »Nous sommes en tête de notre championnat, en Coupe de France on va accueillir l’AS Saint-Etienne en 8es de finale. Il y a des plus, il y a des moins, mais j’ai plutôt envie de retenir les plus. En 2017, on a fait un 8e de finale en Coupe et on rate la montée de très peu derrière Cholet. Seulement, on ne la rate pas par lassitude physique, mais plutôt à cause d’une erreur administrative qui nous coûte trois points. J’ai envie de retenir que cette année-là, ce n’était pas la fatigue qui nous avait empêché de finir la saison de manière très satisfaisante. Donc cette année, je me réjouis que l’aventure se prolonge le plus longtemps possible.Après le premier 8es de finale en 2017 face au LOSC, on imagine que l’objectif est cette fois-ci de découvrir les quarts de finale ? On essaie de grandir petit à petit à Bergerac. On découvre cette compétition. En 2017, on était très satisfait d’être en 8es de finale et aujourd’hui, quatre ans après, on est très satisfait de les retrouver. Nous n’avions jamais battu de Ligue 1, on vient de le faire. Nous n’avions jamais joué une grosse cylindrée du football français et on va la jouer. Alors effectivement, nous n’avons jamais été en quarts de finale.Mais sans faire offense au club que nous allons rencontrer, qui aura d’ailleurs 9 chances sur 10 de remporter cette qualification, nous allons chance la seule chance que nous avons à fond. Quand on est compétiteur, on s’aligne sur un terrain pour gagner, quel que soit l’adversaire et nous allons tout faire pour essayer de créer la performance et d’atteindre pour la première fois de notre histoire un quart de finale. J’ai lu certains commentaires stéphanois qui se réjouissent du tirage face à une National 2, qualifiant ça de tirage favorable. Et bien on va essayer de leur faire voir qu’à Bergerac, on sait aussi jouer au football et on va tout faire pour jouer cette petite chance qu’on a à 100%.Interview avec Christophe Fauvel, président de Bergerac Christophe Fauvel est un président des plus heureux ! Alors que son club de Bergerac s’est qualifié pour les 8es de finale de la Coupe de France, après une nouvelle belle performance face à Créteil le week-end dernier, le président s’est confié en exclusivité pour Foot-National sur le tirage face à Saint-Etienne, les ambitions de son équipe, mais aussi le parcours du club cette saison au sein de la Vieille Dame. Entretien.

2022-01-08 11:30:00

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