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Aux Pays-Bas, le nouveau gouvernement de Mark Rutte met l’accent sur le social


le premier minstre hollandais Mark Rutte reçoit le secrétaire d’état à l’asile et la migration Eric van der Burg, à La Haye, le 3 janvier 2022. BART MAAT / AFP S’il va au bout de sa quatrième expérience gouvernementale, Mark Rutte, 54 ans, battra tous les records de longévité aux Pays-Bas en ayant été premier ministre de 2010 à 2025. Y parviendra-t-il ? Aux doutes de nombreux observateurs à La Haye, le dirigeant libéral oppose son habituelle insouciance : lundi 3 janvier, il parlait d’un « nouvel élan » et se disait « optimiste » quant à la réussite de sa nouvelle coalition. Même si celle-ci n’est, en fait, que la version difficilement reconduite de la précédente. Pour vaincre le scepticisme ambiant, M. Rutte gouvernera avec une équipe largement remaniée de vingt ministres et neuf secrétaires d’Etat que, conformément à la tradition, il reçoit un par un depuis lundi, avant la présentation du gouvernement au roi Willem-Alexander et son intronisation officielle, le 10 janvier. Lire aussi Pays-Bas : accord de coalition pour former un gouvernement au terme de neuf mois de discussions Relative perte d’influence Premières caractéristiques de « Rutte IV » : la moitié des ministres seront des femmes et, au total, l’équipe sera quasiment paritaire en termes de genre, avec 52 % d’hommes et 48 % de femmes. Par ailleurs, deux portefeuilles importants seront confiés à des personnalités issues de l’immigration : celui de la justice à la libérale Dilan Yesilgöz, née à Ankara, et celui de la protection des droits à Franc Weerwind, membre du parti social-libéral D66, issu d’une famille du Surinam. Présenté à la mi-décembre, après neuf mois de discussions, le programme de la coalition est le reflet d’une relative perte d’influence de M. Rutte, même s’il a une nouvelle fois conduit son parti à la victoire en mars 2021. Déstabilisé par l’affaire dite « des allocations », qui avait pénalisé des milliers de familles injustement soupçonnées de fraude aux prestations en faveur des familles, le chef du gouvernement a dû, cette fois, adopter un discours plus social et accepter les exigences de ses partenaires, dont Sigrid Kaag, dirigeante de D66 et ex-ministre des affaires étrangères. Lire aussi Article réservé à nos abonnés Aux Pays-Bas, « Rutte 4 » démarre avec la même équipe, mais sur des bases différentes Cette ancienne diplomate âgée de 60 ans sera la « guide morale » de cette nouvelle équipe, juge le quotidien Het Parool. Elle aurait pu prétendre à la succession de Mark Rutte mais la gestion, par son département, de l’évacuation des Néerlandais et de leurs personnels d’Afghanistan a suscité de telles critiques qu’elle avait été forcée de démissionner, en septembre dernier, à la suite du vote d’une motion de défiance par la Deuxième chambre. Vice-première ministre et, désormais, ministre des finances, cette partisane d’une « Europe forte », dont le parti est membre du groupe Renew au Parlement de Strasbourg, a fait en sorte que les Pays-Bas, jusqu’ici partisans d’une stricte orthodoxie budgétaire parlent désormais d’une nécessaire « modernisation » des règles du pacte de stabilité européen. De quoi ravir la présidence française de l’Union qui notera que D66 a aussi fait en sorte que M. Rutte admette le principe d’une taxe carbone aux frontières ou l’idée que le commerce et le climat ne sont pas inconciliables. Il vous reste 37.28% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

2022-01-03 23:23:28

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