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Aux Etats-Unis, une campagne présidentielle 2020 totalement bouleversée par la crise sanitaire


Donald Trump retire son masque à son retour de l’hôpital, à la Maison Blanche, le 5 octobre 2020. Il avait été hospitalisé après avoir contracté le Covid-19. NICHOLAS KAMM / AFP Une campagne bousculée, des conventions d’investiture tronquées, un candidat hospitalisé, des résultats dévoilés non pas le soir du vote mais quatre jours plus tard : la présidentielle américaine de 2020 a été l’un des tout premiers grands scrutins surplombés par les vagues de Covid-19 et perturbés par leurs effets. Le virus a pesé inégalement sur les deux principaux candidats, Donald Trump et Joe Biden. Prisonnier d’une stratégie de campagne centrée initialement sur les bons résultats économiques enregistrés avant le début de l’épidémie aux Etats-Unis, le président républicain sortant s’est efforcé, tout d’abord, de nier sa gravité afin d’éviter la mise à l’arrêt pourtant inéluctable du pays, ravivant les critiques sur sa capacité à gouverner. S’il s’est résigné au début du printemps à suspendre ses meetings de campagne qui avaient constitué, en 2016, le principal instrument de mobilisation de son électorat, Donald Trump les a très vite repris après un cuisant fiasco à Tulsa (Oklahoma), en juin 2020, où il s’était exprimé devant une assistance clairsemée alors que son équipe de campagne annonçait des dizaines de milliers de fidèles. Cette insistance s’est faite au mépris des recommandations de ses propres autorités sanitaires, par ailleurs mises en cause par une bonne partie de ses sympathisants, voire d’élus républicains. Lire aussi Article réservé à nos abonnés Election présidentielle aux Etats-Unis : le fiasco de Tulsa souligne la mauvaise passe de Donald Trump Une convention d’investiture virtuelle pour Biden Durant les dernières semaines de la campagne, il a ainsi tenu régulièrement deux meetings par jour, sans la moindre jauge, ni obligation de port du masque pour ses fidèles, y compris dans des Etats-clés confrontés à un regain de l’épidémie, comme le Wisconsin, en octobre. Et il y a tout aussi régulièrement stigmatisé le directeur de l’Institut national des maladies infectieuses, Anthony Fauci, pourtant un pilier de la cellule de crise de la Maison Blanche constituée après le début de l’épidémie. A l’inverse, Joe Biden s’est fixé comme objectif pendant la campagne le strict respect des consignes fédérales, à l’unisson de son électorat. Tout d’abord confiné dans son Etat d’élection, le Delaware, puis arborant à chacune de ses apparitions le masque que Donald Trump refusait, dans le même temps, de porter en public, le candidat démocrate a limité ses meetings à des rally-in, des rassemblements d’automobiles permettant à ses partisans de respecter les distances physiques recommandées. Sa convention d’investiture a été entièrement virtuelle, contrairement à celle de son adversaire. La situation créée a ainsi masqué l’une de ses faiblesses : sa moindre capacité par rapport à Donald Trump à enflammer les foules. Il vous reste 53.4% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

2022-01-10 11:00:11

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